Le don d’ovocytes

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Le don d’ovocytes : un engagement qui n’a pas de prix

Qui n’a jamais entendu parler de banque de sperme ? Depuis presque 40 ans, cette technique a permis de faire naître plus de 40000 bébés en France, c’est dire son succès et son efficacité. Mais qu’en est-il du don d’ovocytes, qui apparaît de plus en plus comme la solution miracle aux problèmes de fertilité féminine ?

Une technique donneuse de résultats
C’est en 1983 qu’a lieu le premier don d’ovocytes en France. Il s’agit d’un don de cellules reproductrices féminines d’une femme à une autre qui s’impose quand la femme présente des anomalies ou une absence d’ovocytes, ou que le couple a des risques de transmettre une maladie génétique à l’enfant. Depuis sa légalisation en juillet 1994 en France, la technique rencontre un vif succès avec chaque année environ 2000 femmes qui en font la demande pour seulement 500 donneuses environ. En 2008, 265 femmes ont donné leurs ovocytes pour 469 couples receveurs et 145 enfants sont nés de cette technique. On comprend donc son enjeu majeur : sensibiliser toute femme susceptible de donner ses ovocytes.

Le profil de la donneuse
Le don d’ovocytes s’inscrit dans le cadre des autres techniques d’assistance médicale à la procréation, autrement dit, un cadre médical légalisé. Plusieurs conditions sont donc nécessaires pour toute femme souhaitant devenir donneuse : être déjà mère d’au moins un enfant, avoir moins de 37 ans et être en bonne santé. Chaque don repose sur 3 critères : la gratuité (la donneuse n’est pas rémunérée), le volontariat (les donneuses font acte de consentement), l’anonymat (en aucun cas, donneurs et receveurs ne sont amenés à se rencontrer). Les cliniciens font néanmoins le maximum pour « matcher » les caractères physiques des donneuses et des receveuses (rapport poids/taille, couleur des yeux et des cheveux, ethnie, groupe sanguin).

Un don en 3 étapes
Première étape, une phase préparatoire : receveurs et donneurs sont reçus en entretien par un psychologue ou un psychothérapeute, lequel permet d’aborder toutes les questions qu’on se peut se poser d’un côté comme de l’autre et d’entamer parfois une enquête génétique. Tout comme la donneuse (et son conjoint si celle-ci vit en couple), les receveurs doivent signer un consentement et attester d’une vie commune ou maritale depuis plus de 2 ans. Le don proprement dit s’effectue une fois que la donneuse a subi une stimulation ovarienne (10-12 jours d’injections sous-cutanées à faire soi-même ou par une infirmière). Quand les ovocytes sont bien mâtures, on les prélève, commence alors le don. Les ovocytes recueillis sont transférés en laboratoire pour une fécondation in vitro. Les embryons obtenus sont ensuite transférés dans l’utérus de la receveuse ou conservés pour un cycle ultérieur, comme dans une FIV classique.

Avec trop peu de donneuses et un délai qui peut parfois aller jusqu’à 3 ans, le don d’ovocytes reste rare en France et devient un marché lucratif dans certains pays européens, comme la Grèce ou l’Espagne où les donneuses sont rémunérées. Beaucoup de français quittent donc le territoire pour pratiquer un don d’ovocytes à l’étranger. Sensibiliser les femmes à faire don de leurs ovocytes reste bien un combat de tous les jours.