L’automutilation chez les adolescents

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L’automutilation chez les adolescents : le phénomène qui fait peur
Chercher à se faire mal, c’est l’objectif de l’automutilation. Cela paraît complètement insensé quand on y pense et pourtant, le phénomène de l’automutilation touche de plus en plus d’adolescents. Repérer les comportements à risque chez les adolescents. Nous décryptons pour vous le problème d’automutilation et vous donnons des éléments pour réagir si vous y êtes confronté avec votre adolescent.

Qu’appelle-t-on automutilation ?
L’automutilation, c’est l’action de se mutiler soi-même. En clair, la personne cherche à se faire mal de façon consciente. L’automutilation touche principalement les adolescents et reste un phénomène qui prend de l’ampleur. Un adolescent qui s’automutile peut le faire sur n’importe quelle partie de son corps (visage, jambes, bras, organes génitaux) et avec n’importe quel « outil » (cutter, ciseaux, couteau, allumettes…).

Pourquoi un adolescent s’automutile ?
La plupart des adultes ont du mal à comprendre ce phénomène. L’automutilation reste donc tabou même si l’adolescent qui la pratique a des raisons évidentes. L’automutilation est tout simplement le signe d’un profond mal être intérieur. L’adolescent va alors expérimenter au sens propre du terme la notion d’être mal dans sa peau.

Même si la cause précise qui pousse l’adolescent à se faire mal est souvent floue, ce sont surtout les conséquences immédiates qu’il faut noter. Après s’être mutilé, l’adolescent ressent comme une sorte de bien être, un soulagement, un peu comme s’il venait de laisser échapper sa douleur dans un grand cri. A la douleur physique répond la douleur intérieure. J’ai mal physiquement donc j’ai moins mal à mon âme.

Certains adolescents qui s’automutilent régulièrement sont ou on été victimes d’abus sexuels ou de maltraitance. Pour eux, l’automutilation est un moyen de se punir (un adolescent victime d’abus par exemple se culpabilise toujours) ou d’extérioriser la colère. L’adolescent est aussi celui qui cherche à se prouver qu’il est un super héros au quotidien. Il recherche les comportements à risque. S’automutiler pour mieux exister et vaincre la réalité, c’est ce que cherche un adolescent quand il se fait mal.
Les adolescents ayant des troubles liés à la sexualité sont également plus enclins à s’automutiler. Les familles qui entretiennent le discours selon lequel adolescent, on n’a pas le droit de se plaindre, invitent inconsciemment leur enfant à se faire du mal. Quand ils se blessent, ils savent enfin pourquoi ils ont mal, alors, qu’un adolescent a le droit de ne pas être bien dans sa peau sans pour autant aller jusqu’à rendre visible cette souffrance.

Que faire si mon adolescent s’automutile ?
D’abord, sachez qu’en tant que parent, il n’est pas toujours facile de repérer les signes d’une automutilation chez son enfant. Il faut donc toujours maintenir le dialogue, veiller à ce que votre adolescent ne se retrouve pas envahi d’« accessoires » qui puissent l’inciter à se blesser. Une chute des résultats scolaires, une envie profonde d’être seul, une discussion qui devient de plus en plus inexistante, autant de signes qui peuvent augurer de ce phénomène d’automutilation.

Vous devez également savoir observer discrètement le corps de votre adolescent. Si vous apercevez une trace de blessure, à vous d’interroger votre enfant, de lui rappeler qu’il est capital de respecter son corps. Important également : inviter votre enfant à pratiquer une activité physique intense type boxe. L’important c’est qu’il puisse exprimer une forme de violence et se lâcher au travers de cette activité physique.

Taper dans un ballon, c’est aussi taper dans ses démons intérieurs, idem avec le chant curatif. En tant que parent, vous devez favoriser un environnement calme et serein : faites des plats que votre adolescent aime, faites lui couler un bon bain chaud de temps en tant, créez une atmosphère zen dans l’ensemble des pièces de la maison. Si l’automutilation devient quasi quotidienne, alors, mieux vaut en discuter avec un pédopsychiatre rapidement, histoire d’anticiper un éventuel risque de suicide chez votre adolescent. Vous pouvez aussi tenter de réconcilier votre enfant avec son corps en l’autorisant à se tatouer ou à se faire un piercing. La symbolique de ces pratiques peut être une réponse à l’automutilation.