La triche aux examens

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Et oui, frauder, tricher, est devenu monnaie courante dans le monde enseignant et notamment, au moment des examens nationaux. On se souvient par exemple de la fuite d’un sujet de mathématiques au bac S et de la fraude au BTS NRC. Alors, tricher est-il inévitable ? Tricher est-ce aussi une étape essentielle dans la construction de l’enfant ou du jeune adulte ?

Tricher ? Moi, jamais !
Et oui, c’est la réponse que formulent la plupart des adultes interrogés sur le sujet, surtout lorsqu’ils sont eux-mêmes devenus parents, invités à devenir des modèles d’éducation pour leurs enfants ! Et pourtant, la triche concernerait 70% des étudiants selon une enquête récente. C’est un phénomène dont l’ampleur dépasserait même nos frontières. La triche a été sans nul doute facilitée avec l’arrivée des smartphone. L’élève peut ainsi télécharger des corrigés ou avoir accès à des sources d’information. Encore mieux, il existe des applications et des sites web dédiés à la triche !

Le tricheur : un profil glorieux
Selon Marie-Estelle Pech, auteure de l’Ecole de la Triche, la triche est honorée voire glorifiée. On se vante clairement d’avoir triché, c’est parfois l’occasion de se rappeler des vieux souvenirs d’écolier. Certains groupes ont même été créés sur Facebook pour célébrer des tricheurs et des astuces de tricherie. La triche est donc aussi résolument un pied de nez au système.
Le message : le système est caduque, chacun peut en venir à bout. Il y a une certaine fierté à contourner les lois, à transgresser l’ordre établi. L’enfant qui triche a aussi le sentiment d’être plus malin que les autres, de réussir sans faire trop d’efforts. Il devient pour lui-même et pour les autres une sorte de héros des temps modernes. Et puis, certaines figures politiques incitent à tricher. Les nombreux épisodes de fraude fiscale tendent à légitimer la triche comme moyen d’accéder aux plus hautes sphères politiques.

La triche : une nécessité contextuelle ?
Nous vivons dans un monde où la compétition, la recherche de la performance et la concurrence font la loi. Du coup, le stress de la réussite envahit les enfants dès leur plus jeune âge. Les parents sont aussi responsables. Répéter à son enfant inlassablement qu’il a intérêt à réussir, que la réussite et les diplômes sont capitaux peut parfois inciter l’enfant à tricher pour répondre aux envies de ses parents. L’enfant qui triche n’est pas forcément un mauvais élève mais il est un élève qui devient meilleur en trichant. Celui qui triche au Bac s’offre ainsi plus de chances d’avoir la classe prépa de son choix et celui qui triche tout au long de ses études va également tricher ensuite dans sa vie professionnelle.

Que faire si mon enfant triche ?
Tout d’abord, ne pas céder à la panique. Votre enfant a été surpris en train de tricher. A vous de voir avec lui quelles étaient les raisons qui l’y ont amené. S’il ressent trop de pression de votre part ou s’il est poussé par un camarade à tricher. Il faut lui dire que tricher n’est pas bien et quelle que soit sa note, vous l’aimerez tout autant. Il faut que votre enfant comprenne combien il est plus honorable de réussir par soi-même, c’est là le message essentiel. Vous pouvez aussi jouer la carte de l’avertissement en lui rappelant que la fraude au bac est passible d’une interdiction de repasser l’examen dans un délai d’un à cinq ans et qu’à l’université, les sanctions vont de l’avertissement à l’exclusion définitive de tout établissement supérieur, en passant par le blâme ou l’exclusion temporaire d’un mois à cinq ans, avec ou sans sursis.