La salpingite

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Salpingite, un mot barbare qui caractérise un mal qui peut lui aussi devenir barbare. La salpingite est en fait l’inflammation d’une ou des deux trompes de Fallope. Mal diagnostiquée et mal traitée, la salpingite peut conduire à une stérilité. D’où l’intérêt d’en savoir plus sur cette maladie : les facteurs de risques, les causes, les symptômes, les examens indispensables, le diagnostic et le traitement.

Les causes d’une salpingite
En cause le plus souvent : des rapports sexuels non protégés qui conduisent à une infection des parties génitales. Gonocoque, chlamydia, mycoplasme, tels sont les germes sexuellement transmissibles de cette infection, le premier étant aussi responsable des blennorragies. Des germes issus de la flore vaginale peuvent également entrer en ligne de compte. A noter : on estime à 100 000 le nombre de cas de salpingites chaque année en France.

Les facteurs de risques
Si vous avez entre 15 et 25 ans, si vous avez subi une IVG ou un curetage, si vous portez un stérilet, si vous avez plusieurs partenaires sexuels et des rapports non protégés, si vous avez déjà eu une salpingite, si vous avez déjà subi une opération gynécologique endo-utérine, vous présentez des facteurs de risques de salpingite.
La salpingite se transmet de la mère à l’enfant. Une salpingite multiplie les risques de grossesse extra-utérine par 6.

Les signes d’une salpingite
Plusieurs symptômes peuvent laisser penser à une salpingite : des douleurs pelviennes, des pertes vaginales anormales, des pertes sanguinolentes, de la fièvre, des troubles urinaires ou intestinaux (ballonnements, constipation). Malheureusement, il arrive que certaines femmes ne ressentent aucun symptôme particulier pendant quelques années alors même qu’elles sont porteuses de la maladie.

Les examens nécessaires au bon diagnostic
Souvent, un toucher vaginal n’est pas possible tant la douleur de la patiente est importante. Il arrive aussi qu’une salpingite soit confondue avec une appendicite, une péritonite, une fausse couche ou une rupture d’un kyste ovarien. Il s’agira donc de procéder à une échographie, un prélèvement cervico-vaginal, voire une laparoscopie, sous anesthésie générale ou une coelioscopie ainsi qu’à une prise de sang, histoire de bien visualiser l’état des trompes de Fallope. L’idéal étant de diagnostiquer une salpingite lorsqu’elle a atteint le col sans être encore descendue dans les trompes. Le col est en général rouge, la glaire cervicale plutôt purulente, l’utérus a grossi et fait très mal.

Le traitement d’une salpingite
Il repose sur l’administration d’antibiotiques pendant une grosse semaine. Il peut être prolongé de 5 à 6 semaines selon le germe identifié dans la salpingite. Des anti-inflammatoires pourront être donnés en complément. Attention, si vous êtes traitée pour une salpingite, votre partenaire doit l’être aussi car il peut être lui porteur sain. Au quotidien, en cas de salpingite, mieux vaut privilégier le port de préservatifs lors des rapports sexuels et remplacer votre stérilet par un autre mode de contraception. Si le niveau de gravité l’exige, une hospitalisation peut s’avérer nécessaire avec une administration sous intraveineuse des antibiotiques. Un bon suivi gynécologique représente en tout cas un moyen très efficace d’éviter une récidive.