IVG à l’adolescence

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Lorsqu’une adolescente annonce à ses parents qu’elle est enceinte, ces derniers se sentent bien souvent désoeuvrés et se laissent rapidement emporter par leurs émotions. Si une réaction trop vive n’aide assurément pas la jeune fille assise en face, des mots adaptés, une conversation calme et un soutien inconditionnel après le choc de la nouvelle permettent de réellement aider son enfant.

Ma fille adolescente est enceinte: comment dépasser le choc de l’annonce
Que vous soyez au courant de la vie sexuelle de votre fille ou pas, l’annonce soudaine de la grossesse de son enfant est toujours un moment difficile pour un parent. Certains sont abasourdis et catastrophés, d’autres réagissent par des cris ou des larmes. De telles réactions sont parfaitement légitimes mais une fois le choc de l’annonce passé, un parent doit savoir mettre ses émotions et ses à priori de côté pour accompagner son adolescente. Vous devez garder en tête que votre fille se sent tout comme vous déboussolée, voire paniquée.
Elle ressent sûrement beaucoup de honte et de culpabilité, et elle a dû en plus rassembler énormément de courage pour vous annoncer sa grossesse et affronter votre réaction. Estimez-vous également heureux qu’elle ait trouvé les ressources pour vous en parler car beaucoup d’adolescentes préfèrent se tourner vers un planning familial, ce qui leur rend généralement les choses encore plus difficiles et accroît leur détresse. Si vous êtes le parent d’un garçon qui vous annonce la grossesse de sa petite amie, vous ne devez surtout pas sous-estimer la responsabilité de votre fils dans cette grossesse. Souvenez-vous qu’un rapport sexuel se fait à deux et donc que votre ado aura également besoin de soutien.

IVG : une décision qui appartient à votre ado
Si pour vous la question ne se pose pas, votre enfant a pour sa part besoin de réfléchir et de prendre conscience des conséquences de l’IVG, même si elle sait qu’elle ne veut pas garder son bébé. Ne brusquez ainsi surtout pas votre adolescente car une intervention trop rapide, qu’elle n’aurait pas eu le temps de préparer dans sa tête, peut laisser des séquelles psychologiques. Prenez donc le temps de discuter avec elle, de vous renseigner ensemble auprès de votre médecin et de discuter de son avenir.
L’IVG doit être sa décision, et non la vôtre, et doit également être une décision mûrement réfléchie, sans aucune précipitation. La meilleure façon pour que votre fille reprenne le cours de sa vie avec le moins de trouble possible – car il y en a toujours – est en effet de s’assurer qu’elle ait recours à l’IVG sans aucun doute. Le délai légal pour l’IVG en France est en effet suffisamment long (12ème semaine de grossesse) pour préparer votre ado en douceur.

Comment se déroule une IVG pour une mineure ?
Une fois que votre fille est sûre de faire le meilleur choix pour elle, vous pouvez vous rapprocher de votre médecin ou bien d’un établissement hospitalier pour demander une IVG. Une première consultation consiste à réaliser un examen gynécologique et à informer l’adolescente sur l’intervention. Un entretien, obligatoire pour les mineures, est ensuite proposé dans les quelques jours qui suivent afin de s’assurer que la jeune fille est psychologiquement prête pour l’IVG. L’intervention en elle-même peut avoir lieu dès la seconde consultation après un accord écrit de l’adolescente, par voie médicamenteuse ou par aspiration nécessitant une hospitalisation, mais une consultation supplémentaire peut être programmée si besoin est.
Dans tous les cas, sachez que si une mineure doit théoriquement présenter une autorisation parentale et être accompagnée pour cet acte médical lourd, une tierce personne faisant office de figure parentale peut suppléer le parent. Une visite de contrôle est enfin réalisée deux à trois semaines après l’IVG afin de s’assurer que l’intervention s’est bien passée.