Interview sur l’insémination

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Interview Virginie sur l’insémination

A 32 ans, engagée depuis plusieurs années avec Julien, Virginie se dit qu’elle se verrait bien maman. Le projet a bien mûri dans sa tête et dans celle de son conjoint. Alors, le couple s’y met activement. En vain, point de bébé à l’horizon…Une fois résolus à l’évidence, Virginie et Julien font le choix d’une technique d’assistance médicale à la procréation : l’insémination artificielle. Rencontre avec Virginie qui nous livre le début de son parcours…

D’abord, Virginie, pouvez-nous revenir sur les circonstances qui vous ont amenée à opter pour une technique de procréation médicale assistée ?

En fait, j’ai arrêté la pilule mi juin 2010 et c’est après plusieurs essais infructueux que j’ai décidé, fin novembre 2010, de consulter ma gynécologue, mes courbes de température des trois derniers cycles à l’appui. La gynécologue m’a alors dit que mes courbes étaient anovulatoires (pas d’ovulation) ou dysovulatoires (anomalie de l’ovulation). En clair, rien d’alarmant, un traitement médicamenteux suffirait. Elle m’a prescrit une batterie de tests pour vérifier la qualité de la réserve ovarienne ainsi qu’un spermogramme. Le verdict est tombé lors des résultats, soit début février 2011 : des spermatozoïdes avec une forme atypique mais pas de dysfonctionnement de l’utérus, pour nous, ce sera donc une IAC au programme !

A ce moment là, vous êtes-vous sentie soutenue ?

Quand ma gynécologue nous a annoncé le verdict, son comportement a été très protocolaire et plutôt expéditif. Elle nous a rappelé brièvement les étapes de l’IAC, les différents médicaments à prendre. Je me suis sentie noyée sous les informations, tout n’était pas si clair pour moi en sortant du rendez-vous et je ne vous raconte pas pour mon conjoint !
Ensuite, il est évident que même si on s’y attendait un peu, cela a été un choc. Après le coup de blues des premières heures, c’est l’impatience qui a dominé. Nous avions hâte de démarrer l’IAC. Mais tout ne se fait pas automatiquement. On a bien vite compris qu’il faudrait compter sur des contraintes d’agenda et s’armer de patience. Par exemple, la stimulation ovarienne, première étape de l’IAC, se fait en début de cycle. J’ai donc du attendre un peu. Ensuite, avant d’entamer une IAC, il faut faire une demande préalable de prise en charge à 100% par la Sécurité Sociale, ce qui prend 15 jours. Au total, j’ai perdu 1 mois avant d’enclencher ma 1ère IAC !

Quelles sont les étapes qui ont précédé vos inséminations à proprement parler ?

D’abord, on commence par des piqûres, à raison d’une par jour pendant 10 jours, à heure fixe et à partir de J2 (2ème jour du cycle), donc jusqu’à J11/12. Objectif : stimuler les ovaires. Ensuite, j’ai eu 3 prises de sang à faire à J6, J8 et J10. A chaque fois, on vérifie si les ovaires sont bien stimulés. Dans mon cas, c’est ma gynécologue qui a fait ce monitoring par téléphone : en fonction des taux, elle me disait s’il fallait réajuster la dose de piqûre ou pas. Il faut éviter une hyper-stimulation. Après la dernière piqûre, j’ai fait une échographie pelvienne à J12 pour évaluer l’épaisseur de mon endomètre, la dimension de mes ovaires, le nombre et la taille de mes follicules. Idéalement, il faut avoir au moins un follicule mâture.

Pour la 1ère insémination, je n’avais que des follicules intermédiaires et un endomètre de 7.1 millimètres et pour la deuxième, 2 follicules mâtures et un endomètre de 10.3 millimètres. Dans les deux cas, on a pu déclencher l’ovulation. L’insémination a lieu à J14.
Ca n’est pas douloureux et très rapide. Malheureusement pour moi, j’ai eu mes règles à chaque fois dans les dix jours après l’IAC.

Quelles sont pour vous les contraintes de cette technique ? Et les avantages ?

C’est modérément contraignant puisqu’on peut se faire soi-même les piqûres. Il faut juste avoir du temps et de la disponibilité entre les visites au laboratoire et les rendez-vous téléphoniques avec la gynécologue. A ce propos, pouvoir surveiller la stimulation ovarienne par téléphone est très avantageux. Le côté vraiment négatif d’une IAC, comme je vous l’ai dit, c’est le calendrier et ses aléas. Exemple, si le jour de votre prise de sang tombe un jour férié ou un dimanche, c’est tout le processus qui peut être remis en cause, ce qui est complètement fou à mon sens !

Aujourd’hui, on imagine que vous attendez la 3ème IAC avec impatience ?

Oui, c’est clair. Mais là encore, il va falloir que je sois patiente car je suis de nouveau confrontée aux aléas du planning.
En plein déménagement, j’ai du changer de gynécologue, qui bookée au moment de mes piqûres de stimulation, m’a contrainte à repousser ma 3ème IAC d’un mois. Dur, dur ! Du coup, j’en profite pour faire une hystéro-salpingographie à J9 dont le but est de s’assurer que le chemin vers les trompes est dégagé.

C’est un examen qui, bien que désagréable, peut s’avérer décisif pour la suite : soit il permet de débloquer le canal, soit il révèle un problème majeur et la nécessité de passer à une autre technique d’AMP. Vivement le résultat !

Votre compagnon vous soutient-il et quel doit être son rôle selon vous ?

Il doit être à mon écoute mais pas trop. Si nous sommes tous les deux angoissés et très impatients, on ne peut que se communiquer du stress. Dans mon cas, il sait être présent, me soutenir dans les moments difficiles. Il sait garder un peu de distance même si je sais qu’après J14, il cherche à capter le moindre signe !

Enfin, plus généralement, que conseilleriez-vous à une femme comme vous confrontée à un problème de fertilité ?

Je dirais que dès 30 ans ou même avant si on est sûr de son couple et de son désir d’enfant, il ne faut pas perdre de temps et anticiper. Faire ses courbes de temperature avant que le gynécologue ne le demande est capital. Il faut aussi ne pas hésiter à changer de gynécologue si celui-ci ne vous prend pas au sérieux, ne réagit pas et vous dit de faire confiance à la nature ! En tout cas, cela fait beaucoup de bien de pouvoir lire sur les forums les témoignages de celles pour qui l’IAC a fonctionné, notamment quand on attend les résultats après J14.