La masturbation chez les adolescents

Souvent mal vécue par les parents, la masturbation chez les adolescents est pourtant un acte tout à fait sain et même essentiel. Il s’agit en quelque sorte d’une première étape vers la sexualité que l’on observe autant chez les jeunes garçons que chez les jeunes filles. Les parents ne doivent ainsi pas réagir outre mesure.

La masturbation: un acte naturel
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 95% des adolescents en France pratiqueraient la masturbation et 40% des adolescentes se seraient déjà masturbées au moins une fois. Les études menées chez nos voisins européens ainsi qu’aux États-Unis et au Canada concluent également aux mêmes résultats. Cela s’explique tout simplement par le fait que les adolescents, dès l’augmentation de leurs hormones, ont besoin d’explorer leur corps et leurs sensations, et donc d’explorer leur sexualité.
La masturbation est ainsi un acte tout à fait naturel et sain qui en plus de répondre aux interrogations des jeunes, leur permet de préparer leur future vie sexuelle en toute intimité. Il s’agit enfin d’un acte qui ne comporte aucun risque pour la santé. Le seul problème qui peut être lié à la masturbation est une trop grande pratique de celle-ci. Certains adolescents n’arrivent en effet pas à mettre de limite à leur découverte, ce qui peut créer une certaine dépendance et gêner de façon importante la vie sociale et familiale.

Comment réagir si votre enfant se masturbe?
Si vous avez surpris votre adolescent ou votre adolescente en train de se masturber, ou si vous avez des suspicions, ne vous énervez pas mais n’ignorez pas non plus ce qu’il s’est passé. S’il s’agit d’un garçon, le père (ou à défaut une figure paternelle comme un oncle, un ami proche…) est le mieux placé pour avoir une discussion, et s’il s’agit d’une fille, c’est naturellement la maman (ou une figure maternelle) qui est la plus à même de s’en charger.
Dans tous les cas, vous ne devez surtout pas culpabiliser votre enfant et lui donner l’impression que ce qu’il fait est honteux mais il n’est pas non plus bon d’ignorer ce que l’on a découvert et de faire comme si de rien n’était. Le mieux est donc d’en parler calmement et sans aucun jugement afin de chasser le malaise. De même, si aucun signe ne montre que votre ado se masturbe, il est préférable d’aborder le sujet autour de ses 14 ans afin de l’informer sur cette pratique.

La situation devient en revanche plus problématique si vous observez une éventuelle « frénésie » autour de la masturbation. Si votre ado s’isole de plus en plus souvent de longues heures dans sa chambre, s’il ne veut plus regarder de films en famille et préfère filer systématiquement après le repas, s’il ou elle décline systématiquement les invitations des copains à aller faire une balade après les cours ou encore si les devoirs ne sont plus faits, il peut s’agir de masturbation excessive (après avoir éliminé d’autres causes, comme par exemple la dépression). Le dialogue devient ainsi encore plus important : expliquez-lui qu’il s’agit d’un acte tout à fait naturel mais qu’il ne doit pas empiéter sur la vie sociale et familiale. Si rien n’y fait et que votre adolescent ou adolescente continue à avoir une attitude de repli, un rendez-vous avec un psychologue est la meilleure solution pour aider votre enfant à gérer sa découverte de la sexualité.